Mon oncle : Maquis de la Montagne Noire puis sergent au 9èm Zouave jusqu'à la libération, ensuite Lt et capitaine en Indo et en Algérie à la Légion. (Il veut jamais parlé de ses guerres et il a démissioné de l'armée en 1962)
Mon Grand Père : lieutenant de spahis en 1939, prisonnier l'hiver 39-40 dans la Sarre
3 évasion ratée, libéré en 42 comme père de famille nombreuse et évacuation sanitaire (faux ulcère à l'estomac)
Après le débarquement en Afrique du Nord : officier instructeur aux Goums Marocains. (pas d'affectation au combat en tant qu'ancien prisonnier évadé et père de famille nombreuse)
En Aout 44, pour avoir dit au Général Guillaume lors d'une
cérémonie qu'il ne salurait les officiers supérieurs qu'en France, il part avec les renforts pour le 2ème GTM qui a été décimé lors de la campagne de Provence.
Dans les Vosges en janvier 1945, il est blessé à la tête et sur tout un côté par des éclats de PanzerFaust.
Grand Invalide de Guerre, Grand Officier de la Légion d'Honneur, une partie de sa vie s'est arrêté en janvier 45.
J'ai eu mon enfance bercé par le récit de ses évasions et des coups qu'il faisait aux gardiens des Oflags.
Il me racontait aussi les moments les plus drôles avec ses goumiers.
J'ai découvert après son décés l'horreur de la campagne des Vosges et son calvaire quand il a été bléssé, lorsque ma mère a trouvé ses mémoires et les a tapés à la machine pour ses petits enfants.
De la est né mon intéret pour l'armée de libération et j'ai voulu savoir pourquoi mon grand père a abondonné femme et enfant pour aller se battre en France.
Difficile à comprendre pour un p'tit français de la fin du XX ième bien nouri, au chaud dans un pays en paix.
J'ai rencontré durant les années 80-90 des anciens du commando Kieffer ou des SAS français, de la 2ème DB, de la première armée, des gamins qui a 17 ans ont quitté la France (j'avais 19 ans quand j'ai rencontré cet ancien béret vert et je me suis posé beaucoup de questions), un pied noir enrolé qui voulait pas partir à la guerre et qui a fini avec une ribambelle de médaille à faire mourir de jalousie un maréchal soviétique, des indigènes engagés volontaires ou enrolé "de force", des évadés de France, des résistants qui ont rejoint la 1ère armée Française ou la 2ème DB..
Je remercie tous ces gens pour ce qu'ils ont fait et mon seul regret est de pas les avoir filmer lors de ces entretients car beaucoup sont morts depuis et c'est un immense pent de l'histoire qui partit avec eux.